Slows - CRÉATION 2022-23

Dossier artistique 


ÉQUIPE

Chorégraphe  : Rita Cioffi

 Asssitant dramaturgie  : Sébastien Lenthéric

 Musicien, créateur sonore : Yann Van Der Cruyssen

interprètes    : Matthieu Chayrigues
                          Francesco Colaleo
                          Lorenzo Dallai
                          Alice Lada
                         Coralie Meinguet
                         Matthieu Patarozzi
                         Mathilde Roussin

 

PRODUCTION 
CIE Aurelia/RITA CIOFFI

COPRODUCTIONS ( en cours )

CCN&VOUS ballet du nord /ROUBAIX

" Michel a quinze ans. Aucune fille ne l’a jamais embrassé. Il aimerait danser avec Sylvie ; mais Sylvie danse avec Patrice, et manifestement elle y prend plaisir. Il est figé ; la musique pénètre jusqu’au plus profond de lui-même. C’est un slow magnifique, d’une beauté surréelle.

Il ne savait pas qu’on pouvait souffrir autant. Son enfance, jusqu’à présent, avait été heureuse.»

Michel n’oubliera jamais le contraste entre son coeur figé par la souffrance et la bouleversante beauté de la musique. Sa sensibilité est en train de se former. "

Michel Houellebecq, in « Rester vivant »

 

 


Tout le monde, s’il l’a dansé, se souvient de son premier slow.
Le mien, dans une fête d’anniversaire, sur une musique des Led Zeppelin - Stairway To Heaven, j’avais 13 ans :

 
Dois-je laisser ses mains se promener sur mon corps ?
Dois-je l’embrasser, dois-je me laisser embrasser ?
Mon corps cède-t-il ou s’offre-t-il ? Mon émotion est-elle déclenchée par la musique ? S’agit-il d’une envie de m’oublier en m’abandonnant  à l’émotion du contact physique ? D’être juste une pulsation, ou la pulsation de l’autre ?

L’expérience était excitante quand bien même elle n’était pas géniale ni même avec la personne espérée. 

Je pense avoir vécu cela comme un rituel d’émancipation : Émois et naissance du trouble au-delà de l’expérience.

Mais aujourd’hui une telle expérience est-elle encore possible ? Quel rite de passage, de découverte de soi serait équivalent dans notre monde ?

Nourri.e.s par les combats politiques et plus récemment juridiques autour du désir et de nos sexualités, nous sommes évidemment et heureusement plus conscient.e.s de leur instrumentalisation par la société.

L’évolution de nos rapports au désir a lui aussi glissé vers un mode où consommation, efficacité, rentabilité sont venus prendre le pas sur cette simple expérience concrète de deux corps s’autorisant un premier contact dans l’incertitude.

Avec slows, je cherche à réinventer le plaisir d’une danse, qui à priori, n’étant pas technique, place en son coeur la combinaison inédite des êtres entre eux. Avec la nécessité de réinvestir le goût du toucher, surtout après ce temps de distanciation et de séparation des corps que nous venons de vivre.

Rita Cioffi

 

 

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